Chemins x GAYA : test terrain en Camargue en famille, au printemps
Alexandre
20/4/2026
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Lecture 11 min.
Trois jours. Une boucle autour de l’étang de Vaccarès. Des pistes entre ciel et eau. Et un vélo qu’on ne connaissait pas encore - le GAYA longtail - qui s’est révélé être un compagnon de voyage remarquable. Voici notre retour de terrain.
La Camargue en avril, c’est un autre territoire. Pas encore la haute saison, pas la foule, pas la chaleur écrasante de l’été. La lumière est douce, les pistes sont dégagées, les oiseaux sont partout. C'est dans ce contexte que nous avons retrouvé la Camargue en famille, au guidon cette fois des GAYA, le vélo électrique longtail français qu'Amélie et son équipe ont conçu et assemblé en France.
Un test grandeur nature, sur trois étapes, dans l’un des territoires les plus sauvages et les plus généreux de France.
Étape 1 : d’Arles à l’hôtel Cacharel - entrer dans la Camargue par la grande porte
Tout commence sur le parvis de la gare d’Arles. Les GAYA nous attendent. Nous les chargeons. Première impression : le vélo est beau. Pas la beauté aseptisée d’un produit de catalogue - une beauté qui a du caractère, presque de la personnalité. Style néo-rétro, couleurs affirmées, une « bouille sympa et avenante » comme on dit dans notre équipe. On pose la main sur la selle, on s’installe - et déjà on comprend que ce vélo a été pensé par des gens qui connaissent les corps et les routes.
Nous quittons les faubourgs d’Arles par de petites routes qui glissent entre les haies et les champs avant de se transformer progressivement en piste. La Camargue commence doucement, sans fanfare. D’abord les rizières dont les eaux miroitent sous le soleil de mi-avril. Puis les premiers tamaris. Puis le silence - ce silence particulier des grands espaces plats, où chaque son porte loin.
Et puis ils arrivent. Des taureaux dans un pré, immobiles et dignes. Des chevaux blancs en liberté qui trottent le long d’un canal. Et les premiers flamants roses - ces silhouettes improbables et gracieuses que la Camargue rend si familières qu’on finit par croire qu’elles ont toujours existé. Notre fille pointe son doigt dans toutes les directions à la fois.
L’hôtel Cacharel nous accueille en bordure de l’étang de Vaccarès. Cet endroit a une âme rare. C’est ici, sur ces terres, que Denys Colomb de Daunant - poète, écrivain, cinéaste et manadier - a écrit et tourné Crin Blanc avec le réalisateur Albert Lamorisse. Le film, sorti en 1953, a fait rêver des générations entières avec ses images de chevaux blancs galopant dans les étangs de Camargue. L’hôtel a été bâti en 1954 dans la foulée du tournage, et c’est aujourd’hui Florian, fils de Denys, qui avec son équipe en perpétue l’esprit avec la même fidélité à la Camargue et à ses traditions. Sur les murs de la salle commune, des centaines de photos et d’affiches témoignent de cet héritage.
Depuis notre chambre, nous regardons les chevaux blancs du Domaine se rafraîchir dans l’étang. Le soleil est bas. La lumière est dorée.
Le soir, nous dînons aux Saintes-Maries-de-la-Mer au Bar de l’Étang, bistrot local où l’assiette de tapas arrive chargée d’huîtres, de couteaux, de moules, de crevettes et de tellines - tout ce que la mer et les étangs de Camargue savent produire. On commande un verre de blanc du Domaine de Valériole, nos amis vignerons et riziculteurs en agriculture biologique, et on regarde la lumière mourir sur l’eau.
Premier arrêt sur la piste. Le cheval blanc n'a pas bougé. Nous non plus.
Étape 2 : hôtel Cacharel - Salin de Giraud - la plus belle étape
C’est l’étape dont on se souvient longtemps. Entièrement sur piste - ou presque. Nous empruntons la piste de la digue, ce chemin étroit qui file entre deux mondes : la Méditerranée d’un côté, l’étang de Vaccarès de l’autre. À gauche, les vagues. À droite, les flamants. Au-dessus, un ciel de printemps d’une clarté absolue. Le GAYA roule sur cette piste comme s’il y était né - les roues larges avalent les irrégularités, les suspensions font leur travail sans bruit, et on avance en silence, avec ce sentiment rare d’être exactement au bon endroit.
Quelques passages dans le sable, inévitables sur cette portion, confirment les qualités du vélo : stable, maniable, jamais piégé. Un longtail aurait pu hésiter. Le GAYA ne bronche pas.
Les chevaux de Camargue dans leur élément. On s'arrête, on regarde, on repart différemment.
La plage de Beauduc apparaît au détour d’une dune. Mythique, sauvage, improbable. Une étendue de sable blanc qui semble ne devoir rien à personne. En avril, nous sommes presque seuls - quelques kite-surfers au loin, le bruit du vent dans les roseaux, et rien d’autre. On s’arrête. On enlève les chaussures. On pique-nique assis sur le sable.
Nous poursuivons vers les salins de Giraud. Le spectacle est saisissant. Les bassins d’évaporation se déclinent en une palette qu’aucun peintre n’oserait inventer : rose pâle, ocre profond, blanc aveuglant, rouge brique. Les montagnes de sel scintillent. Les flamants par dizaines s’activent dans les eaux peu profondes. L’odeur du sel est partout.
Nous longeons la plage de la Courbe, faisons halte au phare de Faraman - le plus haut de Camargue - avant de terminer la journée au Grau de la Dent, petit port discret où quelques barques se balancent mollement. La nuit se passe dans une maison d’hôtes secrète (les voyageurs Chemins la connaissent bien !).
La piste des salins. Eau rose à gauche, eau rose à droite. Une palette qu'aucun peintre n'oserait inventer.
Journée entièrement sur piste. Journée épatante. Et une question en commun ce soir-là : comment est-ce possible que si peu de gens connaissent ça ?
Côté faune, la Camargue de printemps est un pur bonheur : flamants roses, canards, sarcelles, grandes aigrettes, buses... L’application Merlin Bird tourne en permanence.
Le GAYA à Beauduc. Chargé, stable, à l'aise dans le sable. Notre verdict après trois jours de piste : convaincus.
Étape 3 : Salin de Giraud - Arles par l’Est - la boucle se referme
Le retour vers Arles se fait par l’Est de l’étang de Vaccarès, sur de jolies petites routes qui traversent des domaines agricoles et des mas endormis. Plus calme que les deux premières étapes, moins spectaculaire peut-être, mais nécessaire. C’est l’étape de la décélération, de la rétrospective. On pédale sans se presser, on repasse mentalement par les salins, la digue, Beauduc, les flamants, les tellines du Bar de l’Étang.
Arles apparaît au loin, puis de plus près, et la boucle se referme sur les quais du Rhône. Trois jours. Environ 150 kilomètres. Une famille, des vélos cargo, et un territoire qui ne ressemble à rien d’autre.
Dernier jour. On pédale moins vite. Pas parce qu'on est fatigués et on aurait envie plus longtemps en Camargue.
Le GAYA longtail : notre verdict de terrain
Soyons directs. Nous avions testé les GAYA dans les Calanques marseillaises une journée avant de les intégrer à la flotte de Chemins. La Camargue, avec ses pistes, ses passages sablés et ses 45 à 55 kilomètres quotidiens, était le vrai test. On en repart convaincus.
Le vélo est avant tout très confortable. Les suspensions absorbent les irrégularités des pistes camarguaises sans effort. La selle est douce, la position de conduite naturelle. Sur les portions sablonneuses où d’autres longtails auraient hésité, les roues larges inspirent confiance et maintiennent une trajectoire sûre.
Le vélo longtail - traditionnellement cantonné à une esthétique purement fonctionnelle - trouve ici une nouvelle expression. Le GAYA a du style. Un style néo-rétro, affirmé, avec des couleurs qui donnent envie. Cette « bouille avenante » n’est pas un détail : elle change le regard des gens sur la route, elle change aussi le rapport qu’on a avec son vélo. On est fier de le pousser.
Le longtail nous a permis d’embarquer nos duffles de 150 litres - vêtements pour trois jours, livres, ordinateur, le tout sans compromis. On ne renonce à rien. On part vraiment. Notre fille a voyagé à l’arrière sur une portion pour tester : confort irréprochable (portage possible de deux enfants). La batterie a tenu sans difficulté sur chaque étape, même avec des sollicitations fréquentes sur les passages sablés.
Sur le fond : GAYA est assemblé en France, en Vendée. La fondatrice Amélie et son équipe travaillent sur la conception des batteries et du vélo pour qu’ils soient plus facilement reconditionnables et réparables. Des vélos conçus pour durer, à l’opposé de l’obsolescence programmée. « Bons pour soi et bons pour le monde » - c’est leur formule, et c’est une formule dans laquelle l’équipe de Chemins se reconnaît entièrement.
Ce partenariat ne s’est pas construit sur un cahier des charges. Il s’est construit sur des valeurs communes, une même conviction que voyager bien et voyager responsable ne sont pas deux choses différentes.
La Camargue à vélo électrique : ce qu’il faut savoir avant de partir
La Camargue se révèle à ceux qui prennent le temps de la traverser lentement. À vélo électrique, la boucle depuis Arles autour de l’étang de Vaccarès est l’une des plus belles micro-aventures qu’on puisse imaginer à trois heures de Paris en TGV. Au printemps, le territoire est dans sa meilleure forme : ni trop chaud, ni trop fréquenté, avec une faune active. L’automne est aussi une belle saison pour explorer la Camargue à vélo électrique.
Chemins propose plusieurs voyages à vélo électrique en Camargue, tous en version sur mesure : itinéraire ajusté à votre rythme et vos envies, sélection d’hébergements qui font partie du voyage, rencontres avec les acteurs du territoire - éleveurs, producteurs de riz et de vin, gardians, balades à cheval ou en kayak de mer. Le tout au départ d’Arles.